Lecture : « L’atelier des poisons » de Sylvie Gibert

Paris, 1880. A l’académie Julian, le premier atelier à ouvrir ses portes aux femmes, la vie n’est pas facile. L’apprentissage du métier de peintre est ardu, long et coûteux. Seules les jeunes filles dotées d’un véritable talent et, surtout, d’une grande force de caractère, parviennent à en surmonter les obstacles.
Du talent, Zélie Murineau n’en manque pas. De la force de caractère non plus. N’a-t-elle pas déjà prouvé qu’elle était prête à tout pour parvenir à ses fins ? Pourtant, lorsque Alexandre d’Arbourg, le commissaire du quartier du Palais-Royal, lui demande de faire le portrait de sa filleule, sa belle assurance est ébranlée : comment ne pas croire que cette commande dissimule d’autres motifs ? Même si elle en connaît les risques, elle n’est pas en mesure de refuser le marché que lui propose le beau commissaire : elle sera donc « ses yeux ».
Des auberges mal famées jusqu’aux salons de la grande bourgeoisie, elle va l’aider à discerner ce que les grands maîtres de la peinture sont les seuls à voir : les vérités qui se cachent derrière les apparences.

L'atelier des poisons

L’atelier des poisons – Sylvie Gibert

Éditeur : Plon (2016)

Pages : 352

Ma note : 4,25/5

Mon avis :

Ce roman historique et policier est passionnant ! Il nous plonge dans le monde de l’art au XIXème siècle à Paris, alors peu enclin au travail artistique des femmes.  

« Depuis qu’elles avaient choisi cette vie d’artiste, elles savaient confusément que, sans être tout à fait des femmes déclassées, elles ne correspondraient plus jamais aux normes sociales régissant la gent féminine. »

Nous suivons le commissaire Alexandre d’Arbourg et la jeune peintre Zélie Murineau à travers les salons bourgeois de la capitale mais aussi dans un dédale d’auberges lugubres et pauvres de la campagne environnante. Le roman est ainsi constellé des fortes différences sociales qui règnent à l’époque. Ces deux personnages au fort caractère nous embarquent au cœur d’une enquête policière visant à résoudre l’énigme de la folie meurtrière qui semble s’emparer de plus en plus de personnes en ville. Plusieurs affaires viennent se greffer à l’enquête principale, dont la mystérieuse disparition d’un bébé, et ajoutent de l’intrigue, même s’il on ne tombe pas des nues lors de leur résolution. C’est plutôt le côté entraînant de l’action, l’ambiance et l’attachement aux personnages qui est plaisant ici et qui nous fait vibrer de chapitre en chapitre.

En parallèle, le commissaire chargera Zélie de réaliser le portrait de sa filleule Juliette. Mais ce travail qu’elle ne peut refuser et qui résonne comme une faveur semble cacher une toute autre raison. Zélie, de son côté, dissimule un secret qu’elle ne peut révéler à Alexandre, surtout de par la fonction de ce dernier.

Autant l’aspect policier nous fait passer un agréable moment en compagnie de ces personnages fort sympathiques, autant la condition des femmes peintres au XIXème siècle et l’ambiance artistique du roman portent réellement le récit. Sylvie Gibert a su nous immerger au cœur des toiles de maîtres mais aussi de celles des élèves, et son écriture est semblable à la description d’un tableau. J’ai beaucoup aimé ces passages poétiques et instruits, et lors de l’énonciation de toiles de peintres pas encore reconnus à l’époque – tels que Renoir par exemple -, il m’a plu de visionner leurs images en parallèle sur mon ordinateur afin de me fondre encore davantage dans les descriptions et les dialogues du roman.

« La chaleur était devenue plus intense. Le soleil dardait des rayons féroces qui éclataient en gerbes éblouissantes contre la surface laquée du fleuve et s’insinuaient, comme de fines aiguilles, entre les brins de paille des chapeaux et la dentelle des ombrelles. »

L’académie Julian ainsi que la plupart des élèves présentes dans le livre ont réellement existé, ce qui rend le récit d’autant plus captivant. Nous y rencontrons également le peintre Edgar Degas à l’époque où ses tableaux ne sont pas encore renommés, ce qui offre une vision originale et intrigante de cet art aujourd’hui encensé.

Comme l’explique Sylvie Gibert dans sa postface, ce roman a pris sa source devant un très beau pastel d’Amélie Beaury-Saurel (qui est une des élèves présentes dans le roman, ndlr), « Dans le bleu » (image ci-dessous). La présence forte du modèle lui a inspiré Zélie Murineau. On sent tout à fait, à travers son récit, l’égard passionnant de l’auteure pour la peinture, celui-là même qu’elle a su nous transmettre.

Tableau Dans le bleu

Pour conclure, j’ai vraiment apprécié cette lecture mêlant habilement art, social, historique et policier et je remercie mille fois les Éditions Plon ainsi que NetGalley pour cette agréable découverte.

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Auteur : ducalmelucette

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