Lecture : « Le temps est assassin » de Michel Bussi

Été 1989
La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.

Été 2016
Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé. A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante ?

Photo Le temps est assassin

Le temps est assassin – Michel Bussi

Éditeur : Presses de la Cité (2016)

Pages : 532

Ma note : 4,5/5

Mon avis :

Aah Michel Bussi ! Souvenez-vous, j’avais eu un coup de cœur absolu pour son roman Nymphéas noirs il y a quelques mois. Avec Le temps est assassin, nous découvrons de nouveau une toile que Michel Bussi a tissé et dont il a relié chaque fil ; nous nous aventurons sur un de ceux qu’il nous propose, nous le faisons vibrer et vibrons avec lui, le cœur pulsant tel celui d’un funambule, nous atteignons un premier nœud, un indice dont on ne sait s’il s’avérera certain ou s’il sèmera un doute dans notre esprit, puis, un autre indicateur nous bouleversant soudainement, nous tentons une autre voie dans le but ultime de parvenir au cœur de la toile, celle qui emprisonne les secrets de son créateur. 

L’auteur est le maître incontesté de l’intrigue et de la mise en scène. Dès les premières lignes nous sommes catapultés en Corse, inspirant les odeurs sèches mais aussi iodées de son paysage, admirant ses couleurs intenses entre terre et mer, mais aussi s’imprégnant rapidement du caractère fort de ses habitants.

« Son regard embrassa le panorama. Elle reconnut le crocodile endormi. La côte, de l’Ile-Rousse à Calvi, de la Revellata à Galéria, ressemblait à un ourlet de fil blanc, une fine dentelle, un trait pur dessiné d’une main sûre. Elle savait pourtant que ce n’était qu’une illusion, une question d’échelle. La côte était en réalité déchiquetée, et les rochers blancs se jetaient dans la mer, pointus et acérés comme mille couteaux aiguisés. »

Clotilde revient sur les traces de son passé vingt-sept ans après avoir perdu sa famille, ici-même, dans les falaises de la Petra Coda, à bord d’une Fuego rouge étincelante ; une braise incandescente qui percutera les rochers par trois fois et qui y laissera trois vies décharnées, celles de sa mère, son père et son frère.
C’est à travers la lecture mystérieuse de son carnet disparu le jour du drame que nous découvrons son adolescence et les personnages qui ont jalonné son été 1989.
Puis des lettres à l’écriture reconnaissable et aux mots nostalgiques ainsi que des évènements qui la rappelleront à ses souvenirs feront irruption et tortureront son été 2016.
Dans une alternance de passé, de présent, puis à la toute fin, de futur, que nous prenons possession de son histoire.

L’auteur prend le temps de nous présenter les personnages et les faits, comme pour mieux nous imprégner du rythme des vacances du récit, comme pour nous languir, disséminant de-ci de-là des sentiments d’attachement, de peine, d’amour et de rivalité. Le déroulement est captivant et la surprise totale. Toutes les questions que nous nous posons au fil de l’histoire trouvent leurs réponses lors du dénouement. Tous les nœuds se relient pour former le cœur travaillé et sublime de la toile.

L’écriture est belle, semée d’une poésie lancinante malgré un sujet au départ dramatique et douloureux. Michel Bussi a complètement réussi son pari d’imprégner son lecteur d’une ambiance corsée, estivale, musicale et assassine, un temps qui a emporté avec lui les rires des enfants ♫ et la naïve candeur de Clotilde à ses quinze ans.

Je vous le recommande chaudement ! Je ne tergiverse pas, Michel Bussi est incontournable dans la lecture qui vous laisse pantoise et pétrie d’émotion. Un roman à déguster sous le soleil brûlant de l’été.

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Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle, où l'on parle de tout donc, mais avec sincérité.

15 réflexions sur « Lecture : « Le temps est assassin » de Michel Bussi »

  1. Il va vraiment falloir que je lise un Bussi … un « vrai » Bussi devrais-je dire car son Code Lupin m’a laissé un mauvais a priori.
    Jolie chronique en tout cas qui me donne envie de tenter à nouveau, sûrement avec Les Nymphéas Noirs … 😉

    Aimé par 1 personne

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