Lecture : « Espagnes » d’Alain Freudiger (Rentrée littéraire 2016)

Treize nouvelles sur le thème, plus ou moins apparent, de la rupture et de la recomposition. On s’y immerge, pour la plupart, dans des scènes tirées du quotidien – une entraide au bureau entre collègues, une prise de pouvoir au sein d’une association, les envies d’un adolescent dans un village isolé ou une crise de colère en face d’un immeuble. Des détails symboliques, comiques ou absurdes, de plus en plus présents, malmènent pourtant la réalité. Ces petites histoires, dont témoigne un observateur scrupuleux et attentif, glissent vers des expériences altérées.
Travaillée mais concise, l’écriture révèle des personnages exaspérés, heureux, ennuyés ou encombrés, juste avant un basculement.

photo-espagnes

Espagnes – Alain Freudiger

Éditeur : La Baconnière (paru le 23 août 2016)

Pages : 127

Ma note : 2/5

Mon avis :

 Je remercie Babelio pour cette ‘Masse critique privilégiée’ ainsi que les Éditions La Baconnière pour cette lecture.

Quand Babelio m’a contactée pour chroniquer ce livre, je me suis dit que lire des nouvelles changerait un peu de mes lectures habituelles. Ce type de récits étant très agréable également. De plus, le résumé m’a plu, pour le côté humain dont j’imaginais que les nouvelles allaient être imprégnées. Et c’est effectivement le cas. Ces treize histoires nous embarquent dans un pan de la vie de personnages ordinaires, pointant du doigt certains faits de société, certaines faiblesses et travers de l’Homme. 

« Dans son dernier courrier, dont il était remarquablement satisfait, Edmond dénonçait la collusion et le copinage des grands décideurs, managers, dirigeants, qui formaient comme une sorte de caste miteuse, s’échangeant les places et les accès dans les fondations, les partis, les conseils d’administration, se renvoyant les balles et les ascenseurs, se protégeant et se tenant les coudes les uns les autres, sous le couvert du bien du pays, ou de l’économie, ou de la saine moralité, mais faisant passer leurs propres intérêts avant ceux du peuple, oligarchie parasitaire en place depuis bien longtemps et qui ne chutait après un scandale ou une gestion catastrophique que pour mieux rebondir en un autre lieu, virginité refaite et prestige immaculé. »

Diverses émotions envahissent chaque nouvelle. La colère, la peine, la folie, les sentiments amoureux, l’envie, la désillusion… L’écriture bascule également d’une nouvelle à l’autre selon les sentiments qu’elle veut nous transmettre. J’ai trouvé cela maîtrisé.

Certaines nouvelles étaient assurément incongrues, d’autres touchantes, d’autres dérangeantes. Passer d’un univers à un autre aussi différent peut déconcerter, car oui, chaque récit est éloigné du précédent. D’une ambiance poétique à une atmosphère colérique, il n’y a qu’un pas.
La nouvelle qui m’a le plus marquée est la deuxième, Elle est morte. J’ai trouvé les relations humaines face au deuil décrites de façon juste. Après le soutien de nos pairs, de nos collègues, de nos amis, vient la solitude et le désintéressement, voire le rejet. Le deuil doit être fait, on doit aller mieux. Et si ce n’est pas le cas, le deuil vous éloigne. Ici, un an après le décès de sa femme, jour pour jour, le protagoniste endeuillé se retrouve peu à peu face à lui-même lors de cette journée marquante et triste pour lui. Les dialogues de ses collègues de travail sont terriblement pertinents dans la retranscription de leur façon de penser qui reflète complètement la dure réalité. Les phrases lancées les unes à la suite des autres sont autant de coups de mitraillettes dans le soutien, l’empathie et l’altruisme des Hommes.

« Moi au fond je ne me fais pas de souci, il va s’en remettre. C’est juste une rechute. Oui, tu as sans doute raison. Il faut lui faire confiance. Et puis il est grand. Si ça se trouve il est même peut-être plus solide que nous. En tout cas avec ce qu’il a enduré, quelle dignité. Ouais. Pas comme d’autres qui passent leur temps à geindre. Tu vises quelqu’un ? Bon arrêtez maintenant. Et Armand ? Ça suffit aussi avec Armand, il faut le laisser, ça lui passera. On ne peut rien faire de toutes façons. »

Mais de manière générale, je dois avouer que je suis plutôt passée à côté… Autant la lecture était fluide et assez plaisante, autant les points de chute des nouvelles ne m’ont, en majeure partie, pas plu. Je les ai trouvé confus, comme inachevés parfois. Je n’ai pas toujours bien saisi où l’auteur voulait en venir. Je suis donc restée perplexe la plupart du temps. Pour moi, une nouvelle doit éblouir par son final, et malheureusement ici ce ne fut pas le cas pour moi.

Pour résumer, hormis quelques passages marquants, ce recueil m’a globalement déçue. L’espoir d’une fin appréciable et mémorable pour chaque nouvelle est souvent tombé à l’eau. Je n’ai pas toujours saisi l’éventuel sens caché dans les récits. Une lecture très mitigée en somme…

Logo_Babelio_new

Éditions La Baconnière

Publicités

Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle, où l'on parle de tout donc, mais avec sincérité.

3 réflexions sur « Lecture : « Espagnes » d’Alain Freudiger (Rentrée littéraire 2016) »

Laisser un petit mot (ou un grand)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s