Lecture : « Les dix plaies de la Russie » d’Édouard Moradpour (Rentrée littéraire 2016)

Édouard Moradpour est l’un des pionniers de la « nouvelle Russie », où il est considéré comme le « père de la publicité ». Il s’installe à Moscou au lendemain de la chute du mur de Berlin et y restera vingt ans. Il mêle ici parcours personnel et réflexions sur le passage de l’URSS vers la nouvelle Russie et son capitalisme débridé. Putsch raté, chute vertigineuse du rouble, crise financière, guerres de Tchétchénie, attentats de Moscou, adieux d’Elstine, prises d’otages des rebelles tchétchènes, naufrage du Koursk, chasse aux oligarques – autant d’événements qui ont marqué le destin de la Russie postcommuniste et constituent des « plaies » encore ouvertes. Témoin privilégié de la « thérapie » de choc et de la marche forcée vers l’économie de marché imposée aux Russes dès 1992, Édouard Moradpour dresse le portrait fidèle d’une âme russe à laquelle il n’a jamais cessé de croire, et signe un document inédit pour qui veut penser la Russie d’aujourd’hui et de demain.

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Les dix plaies de la Russie, de l’URSS à la Ru$$ie – Édouard Moradpour

Éditeur : Fauves (paru le 25 août 2016)

Pages : 241

Ma note : 3/5

Mon avis :

J’avais déjà lu deux romans d’Édouard MoradpourLe Mausolée et Nous parlions d’amour de peur de nous parler d’autre chose – que j’avais aimé, alors quand on m’a proposé de découvrir son nouveau livre je n’ai pas hésité, bien que ce dernier relève du témoignage et non du roman comme les précédents. 

 Je ne suis pas très « calée » question Russie, et ce livre m’a permis de parfaire mes connaissances à travers un regard juste et impartial, à travers un auteur qui y a passé vingt ans de sa vie et qui la porte dans son cœur. La Russie est souvent considérée comme sulfureuse, elle est assez incomprise, sans parler de Vladimir Poutine, son Président, qui semble être un dictateur aux yeux de beaucoup d’occidentaux (à juste titre souvent, mais une meilleure compréhension du pays peut faire jaillir certaines nuances). En effet, de l’URSS à la Russie, beaucoup d’évènements ont contribué à la ‘réputation’ du pays, si je puis dire. Sans jamais basculer d’un côté ou d’un autre, sans jamais s’inscrire dans le pour ou le contre, dans le gentil ou le méchant, Édouard Moradpour nous explique, nous raconte ce qu’il a vécu de l’intérieur. Il nous livre ses impressions en tant que témoin.
Car nos regards extérieurs sont souvent erronés, les médias n’arrangeant bien souvent pas les choses en faussant nos perceptions. Nous ne savons pas tout, loin de là, et grâce à ce témoignage, nos idées s’étoffent et s’éclaircissent.

« (Prologue) À l’issue de ces vingt années passées dans ce pays, entonnoir du malheur, j’ai le sentiment, comme avec « les dix plaies d’Égypte », d’avoir vécu « les dix plaies de la Russie »… »

A travers dix plaies reprises judicieusement à l’Egypte (Les dix plaies d’Égypte sont les dix châtiments que, selon le Livre de l’Exode, Dieu inflige à l’Égypte pour convaincre Pharaon de laisser partir le peuple d’Israël – Wikipédia), l’auteur nous informe sur les grands évènements qu’il a vécu en Russie de 1989 à 2011 ; du communisme au capitalisme, en passant par l’eltsinisme qui a effondré le pays dans les années 90, de la corruption aux anecdotes invraisemblables du quotidien. Certains souvenirs personnels auraient pu être éludés selon moi car ils n’apportent pas grand chose au récit, mais la lecture est assez fluide, ce qui n’en fait pas du tout un livre pompeux et ennuyeux, pour peu que l’on s’intéresse un minimum à la Russie et à la politique évidemment.

J’ai toutefois déploré un aspect décousu du récit et de nombreuses répétitions qui donnaient parfois un côté précipité dans l’écriture et l’achèvement du livre. Je ne suis donc pas tout à fait convaincue par ce nouvel opus de l’auteur concernant la Russie, même s’il est clairement à étudier à part de ses autres œuvres. Mais c’est un bon livre pour parfaire ses connaissances de façon neutre et simple sur un pays qu’on ne connaît surement pas bien. Ce n’est pas un pavé ennuyeux, il contient moins de 250 pages, il est donc à toutes les portées et ne doit pas effrayer les personnes qui seraient intéressées d’en savoir plus sur ce pays sans pour autant se lancer dans un historique copieux et lourd.

Je remercie sincèrement Claire, Édouard Moradpour et les Éditions Fauves pour cette lecture !

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Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle, où l'on parle de tout donc, mais avec sincérité.

3 réflexions sur « Lecture : « Les dix plaies de la Russie » d’Édouard Moradpour (Rentrée littéraire 2016) »

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