Lecture : « Terminus Elicius » + « Aurore » de Karine Giebel

Lettres d’amour d’un assassin…
 
« Ma chère Jeanne,
J’aimerais que vous m’aimiez comme je vous aime.
Mais, pour m’aimer, il vous faut me connaître.
Savoir ce que je suis… Certains diront un monstre.
D’autres chercheront des explications lointaines, surgies de mon passé.
Beaucoup jugeront, condamneront.
Mais qui comprendra vraiment ? Vous, je l’espère.
Hier soir, j’étais avec une autre femme que vous.
Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle.
Juste le temps de la tuer… »
Toujours le même trajet. Istres-Marseille. Marseille-Istres. Sa mère, son travail. La vie de Jeanne est en transit. Elle la contemple en passager. Une lettre suffira à faire dérailler cette existence morose : « Vous êtes si belle, Jeanne. »  Glissée entre deux banquettes, elle l’attendait.

Une déclaration. D’amour. De guerre. Car l’homme de ses rêves est un monstre, un tueur sans pitié. Elle sera sa confidente, son épaule. Il sera son âme sœur, son dilemme.

Le terminus de ses cauchemars…

terminus-elicius-photo

Terminus Elicius (et une nouvelle inédite, « Aurore ») – Karine Giebel

Éditeur : Belfond (paru le 3 novembre 2016)

Pages : 331

Ma note : 4,5/5

Mon avis :

J’ai passé un très bon moment avec ce roman et cette nouvelle ! Je vais vous en parler tour à tour. Commençons par la réédition de Terminus Elicius

En effet, à l’origine, ce roman a été publié en 2004. C’est le premier roman de Karine Giebel et Belfond nous en propose la réédition, pour notre plus grand plaisir ; en tout cas, pour le mien, c’est certain !

J’ai entendu beaucoup de bien concernant les romans de cette auteure mais je n’avais pas encore eu l’occasion d’en lire un seul, malgré que De force, son dernier roman paru également chez Belfond (mars 2016), m’attende sagement dans ma Pile À Lire.

Je suis ravie d’avoir pu faire connaissance avec le travail de l’auteure et l’on peut dire que cela commence très bien ! J’ai encore plus envie de lire ses autres romans désormais, et notamment celui qui attend dans ma bibliothèque. J’ai lu Terminus Elicius très rapidement malgré une période très chargée professionnellement parlant, ce qui est donc très bon signe. J’ai été complètement embarquée dans cette histoire de train, de lettres, d’amour, de folie, de vengeance, de passé et de présent…

Les personnages sont bien travaillés, le côté psychologique est vraiment mis en avant. Ainsi, nous entrons dans une intimité de l’esprit d’Elicius mais aussi de Jeanne. Cet homme qui tue mais qui lui écrit avec tendresse nous fait ressentir une certaine empathie malgré tout. Ce n’est pas un personnage sans cœur, ce qui fait douter Jeanne et la pose face à un terrible dilemme : le dénoncer, le piéger, ou continuer à se délecter de ses mots d’amour ?
Elle qui se sent si transparente face au monde a du mal à se détacher de cette personne qui semble la comprendre, mais surtout l’aimer.
Elle oscille entre rêve et cauchemar et l’on ne sait pas dans lequel des deux tout cela se terminera.

Tout au long du roman, on se demande quel sera le choix de Jeanne, on doute avec elle, on se range d’un côté puis de l’autre, tout proche de la passion puis de la raison, comme ces deux voix qui la font pencher tantôt vers le Bien tantôt vers le Mal, à quelques secondes d’intervalle.

Puis il y a Fabrice Esposito, le Commandant du Commissariat dans lequel Jeanne travaille (c’est pourquoi le dilemme est encore plus grand, étant donné son environnement professionnel !) ; cet homme changeant qu’elle n’arrive pas à comprendre dans un premier temps, mais cet homme si beau pour lequel elle ressent une véritable attirance physique. Ce Commandant qui passe ses jours et ses nuits à chercher ce tueur acharné, ce monstre qui mutile ses victimes toujours de la même façon.

Je dirai que ce roman n’est pas forcément d’une grande originalité mais il m’a fait passer un formidable moment et je crois que c’est bien le principal ! L’écriture de Karine Giebel est rythmée et assez addictive. Les chapitres ne sont pas trop longs, tout comme le roman en lui-même (289 pages pour cette partie). Par ce fait, on ne ressent aucune longueur. C’est même un page-turner ! On désire tellement connaître le choix de Jeanne et l’identité de ce mystérieux auteur-tueur, mais aussi tirer les ficelles du passé, que nous avons du mal à lâcher ce livre.
Le côté épistolaire est très agréable et l’on attend la prochaine lettre avec autant d’impatience que Jeanne !
D’autre part, j’aime bien ce format de livre, plus grand qu’un poche mais plus petit qu’un GF. Il est facile à manipuler et à la lecture, c’est appréciable.

En bref, je le recommande à toutes les personnes qui apprécient les romans policiers psychologiques qui ne sombrent pas dans les détails morbides et la noirceur exacerbée. C’est un roman qui se lit facilement et vite, qui va droit au but, sans tergiverser. En bref, un excellent moment de lecture !

Et puis il y a cette cerise à la fin, cette nouvelle, Aurore.

Une quarantaine de pages qui fait allusion au roman que l’on vient de terminer mais qui finalement déroule une histoire complètement à part. Un récit qui met en avant l’adolescence, une sœur et un frère, et les relations compliquées à cet âge. L’école, les insultes, les quolibets, et puis le drame. Un des deux meurt et l’autre se venge.

Cette nouvelle nous enfouit dans l’état d’esprit d’un personnage adolescent tourmenté et malheureux. Même si le sujet a déjà été traité maintes fois, j’aime tout à fait ce genre de psychologie noire. En peu de pages, l’émotion est intense et reflète ce que beaucoup d’ados vivent réellement, malheureusement. Alors il est toujours bon de s’en souvenir, et d’en parler. Parce que parfois, les tourments peuvent conduire à l’irréparable…

Vous êtes arrivés au Terminus de cette chronique et je vous remercie d’avoir fait un petit bout du voyage avec moi. J’espère qu’il vous aura plu et qu’il vous a donné envie de découvrir ce roman que j’ai beaucoup apprécié. Le train repart désormais en sens inverse, peut-être avec vous à son bord afin que vous fassiez vous-même le voyage en compagnie de Jeanne, Elicius, Fabrice et les autres. Deux minutes d’arrêt, le temps de glisser la main le long du siège, d’y sortir l’enveloppe qui contient le lien vous donnant accès aux informations du roman sur le site de l’éditeur. Bonne lecture à vous et un grand merci à Marie-Pauline de Place des Éditeurs, à Belfond, pour m’avoir permis cette belle découverte !

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Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle, où l'on parle de tout donc, mais avec sincérité.

7 réflexions sur « Lecture : « Terminus Elicius » + « Aurore » de Karine Giebel »

  1. Je suis en plein dans « Purgatoire des innocents » qui est mon 3ème Giebel. J’avoue que mon avis sur cette auteure est partagé entre « j’aime » et « mouais » et ce « Purgatoire » penche fortement vers le « J’aime » ! Tu m’as donné envie de mettre « Terminus Elicius » sur le haut de ma PàL … 😉

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