Lecture : « Quand je serai partie » d’Emily Bleeker

« Mon amour, avant tout, je dois te dire que je t’aime (…), je n’ai pas choisi de vous quitter. »

Alors qu’il rentre chez lui après avoir enterré Natalie, la femme de sa vie et la mère de ses trois enfants, Luke Richardson trouve sur le sol de l’entrée une enveloppe bleue sur laquelle son nom est inscrit, d’une écriture qu’il connaît bien : celle de son épouse disparue. Bouleversé, il découvre une lettre de Natalie, rédigée le jour de sa première séance de chimiothérapie près d’un an auparavant. C’est le début d’une longue correspondance unilatérale, qui conduit progressivement Luke à découvrir des secrets trop longtemps enfouis. Tourmenté par les lettres de son épouse, obsédé par le besoin de découvrir qui les envoie, Luke en vient progressivement à remettre en question son mariage et sa famille.

Parviendra-t-il, au-delà de la peine et de la souffrance, à envisager un avenir où l’amour subsiste envers et contre tout ? Est-il trop tard pour tenir ses promesses quand la personne qu’on aime a disparu ?

Quand je serai partie – Emily Bleeker

Éditeur : AmazonCrossing (paru le 21 février 2017) [Ebook]

Pages : 426

Ma note : 4,25/5

Mon avis :

J’ai mis quelques jours à lire ce roman, premièrement parce qu’il contient plus de 400 pages, et ensuite parce qu’il se lit doucement et avec émotion. Avec un air de PS : I love you au premier abord, ce roman glisse ensuite dans une sorte d’enquête policière. Les thèmes du deuil, de la maladie, de la famille, des violences conjugales et de l’amour y sont abordés, tout autant que la résilience, l’entraide et l’amitié. Même si je l’aurai préféré un peu plus court, il n’en reste pas moins un beau roman humain qui sait nous surprendre par son dénouement. 

L’écriture d’Emily Bleeker sait nous faire passer les émotions sans en faire trop. Les personnages sont crédibles même si l’histoire elle, peut paraître un peu tortueuse par moments. Cela ne m’a pas gênée lors de ma lecture car c’est fluide, langoureux et surtout, j’ai fini par vraiment vouloir découvrir quel était donc ce secret si durement caché par Natalie, la défunte épouse.

« La lettre de son épouse n’avait pas guéri le trou béant qui lui brûlait la poitrine comme si un organe vital lui avait été retiré, mais elle avait réussi un autre tour de force : pour la première fois depuis des mois, il n’avait pas peur du lendemain, parce qu’elle avait promis qu’il y en aurait d’autres. Elle avait bien dit qu’elle comptait continuer à lui écrire ? »

Je dois dire que c’est la deuxième moitié du roman qui m’a le plus passionnée. La première aurait mérité d’être un peu plus courte et j’ai eu peur de ressentir trop de longueurs au final, ce qui n’a pas été le cas heureusement. De même que le fait que le sujet soit difficile n’a pas rendu ma lecture insoutenable et pleurnicharde. Et je remercie l’auteure pour cela, car les émotions sont bel et bien nichées au creux des pages, elles ont fait battre mon cœur, mais les larmes n’ont pas sauté dans ce ravin du bord de mes yeux encore et encore. Et pourtant je suis sensible…

« Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour que mon propre corps se retourne contre moi ? Ce cancer ne se rend-il pas compte que j’ai des enfants ? Qu’en me tuant, il va marquer leurs vies plus que n’importe quelle cicatrice qu’il laissera sur ma peau ? »

Mais je pars du principe que les sujets difficiles de la vie doivent être abordés, parce qu’ils constituent le quotidien de nombreuses personnes et que de notre côté, nous pouvons bien en lire l’histoire, même si ce n’est pas toujours évident. Prendre conscience de la dureté de l’existence est important pour moi, afin de ne pas m’enfermer dans mon carcan, afin de m’ouvrir toujours plus. Pour comprendre tout simplement. Et quand tout cela est raconté de façon sincère, juste et sans pathos dans un livre, alors je trouve qu’il mérite d’être lu. Quand je serai partie en est un exemple. Et c’est certainement parce que son auteure a dû lutter contre cette terrible maladie qu’elle a su, avec le tout le recul nécessaire, transmettre de façon si juste tous les questionnements et toutes les vérités qui en incombent.

« Peut-être s’était-il trompé quand il avait dit à Natalie qu’il n’aimerait plus jamais personne. Peut-être aurait-il dû dire qu’il n’aimerait jamais personne de la façon dont il l’avait aimée, elle. »

Ceci dit, chacun le ressentira probablement différemment, selon son vécu, son passé, son présent. C’est le propre des romans qui traite de sujets réellement profonds et douloureux. Mais l’auteure ne sombre pas dans l’apitoiement, elle délivre une leçon de vie tout en passant par le genre Roman policier, ce qui apporte un vrai plus à l’histoire et un petit côté addictif.

En bref, j’ai beaucoup apprécié ce roman « contemporain dramatico policier » qui livre, à travers les nombreuses lettres turquoises d’une épouse et mère décédée du cancer, un véritable message de vie. Les sujets abordés sont forts et émouvants mais l’auteure a su doser ce cocktail de sentiments afin d’en sortir une histoire équilibrée qui est agréable à lire et à ressentir. Un épilogue ne m’aurait pas déplu car j’ai subi une petite frustration dans les dernières lignes, mais je suppose qu’aller au-delà de la morale qui avait déjà été délivrée aurait été un trop-plein, alors disons qu’il faut parfois savoir s’arrêter 😉

Un grand merci à NetGalley et à AmazonCrossing pour cette lecture !

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Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle, où l'on parle de tout donc, mais avec sincérité.

3 réflexions sur « Lecture : « Quand je serai partie » d’Emily Bleeker »

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