Lecture : « La Menace » de S.K. Tremayne

« Tu vas mourir à Noël »

Quand Rachel épouse David Kerthen, un bel et brillant avocat, elle n’en croit pas sa chance. Loin de Londres et des années de vache maigre, elle découvre les joies de la vie de famille auprès de l’affectueux petit garçon de son mari, Jamie. Au cœur des Cornouailles, dans un manoir surplombant les déchirures de la côte et l’Océan impétueux, elle joue déjà à la châtelaine.
Mais le conte de fées se ternit vite : le souvenir de Nina, la première épouse de David, disparue deux ans auparavant, hante encore les couloirs de cette demeure séculaire. Et peu à peu son petit Jamie adopte vis-à-vis de Rachel un comportement inquiétant, prophétisant l’avenir et niant certaines réalités. Qu’est-il arrivé à Nina ? Que cache le sourire du séduisant avocat ? Et Rachel, que vient-elle faire dans cette histoire ? Tandis que la suspicion commence à ronger le jeune couple, Jamie prédit à Rachel qu’elle mourra à Noël…

La Menace – S.K. Tremayne

Éditeur : Presses de la Cité (2 mars 2017)

Pages : 380

Ma note : 4/5

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Le doute du même auteur, souvenez-vous. Dans La Menace, on retrouve beaucoup d’éléments qui ont fait le succès de son précédent roman : la tension psychologique, l’atmosphère, la description des paysages de bord de mer, les tourments de la météo, la folie qui prend de plus en plus de place dans une famille et qui fait que l’on ne sait plus qui croire, mais aussi le côté paranormal. C’est même très ressemblant même si l’histoire en elle-même est différente. On reste dans la même lignée, le même style de récit. En revanche, la fin n’est pas glaçante ni perturbante contrairement à celle de Le doute

« (…) les morts sont toujours parmi nous. »

Quand j’ai débuté ma lecture, j’ai même eu une crainte, l’histoire démarrait d’une façon presque convenue, trop simple. Mais heureusement la psychologie et la tension s’infiltrent peu à peu et j’ai même eu les « chocottes » ! S.K. Tremayne a vraiment l’art de nous propulser dans des scènes d’angoisse, on a l’impression de vivre un film. Des frissons et du suspense comme j’aime !

J’apprécie aussi beaucoup la façon dont l’auteur brouille les pistes et sème le doute dans notre esprit. On ne sait pas si Rachel, la nouvelle femme de David, perd la boule ou si c’est le mari qui est à l’origine des faits troublants voire même de la mort de son ex-femme, Nina. D’ailleurs, est-elle vraiment morte ? On ne sait pas si Jamie, le fils de David, a de réels pouvoirs de prédiction, si son côté surréaliste n’est pas inventé. On ne sait plus, on croit savoir et puis finalement on remet tout en cause. Et j’aime vraiment ça !

« Le palier est toujours bien éclairé. Pourtant l’obscurité n’en est pas tout à fait dissipée. Car la maison est maintenant envahie par les ténèbres et le froid ; les eaux noires et glaciales, prisonnières de la mine Morvellan, viennent nous engloutir, remontant par les puits, se répandant dans les sous-sols, s’étalant sur les degrés de l’escalier, inexorablement. »

L’auteur sait aussi nous envoyer tout droit dans le décor (sans mauvais jeu de mots). Dans Le doute, nous étions pointe Nord de l’Angleterre, et ici, direction les Cornouailles, tout au Sud. Mais toujours cette mer omniprésente, cette météo capricieuse, ces falaises déchiquetées, ce danger et cette beauté réunis en un seul endroit. On lit ce roman dans le salon jaune de cette grande demeure, on le lit dans les landes, au bord d’une falaise, dans un pub. On vit là-bas le temps de notre lecture. Ce n’est pas donné à tout le monde de conter si bien les paysages et de transporter le lecteur dans une véritable atmosphère, et S.K. Tremayne le réussit encore une fois à merveille.
Sans compter que j’ai appris au sujet des mines dans cette région, des extractions d’étain, des conditions de ces femmes et de ces hommes qui ont travaillé, parfois très jeunes, durement, jusqu’à en mourir. C’est donc encore un plus pour ce roman car je lis pour me divertir mais aussi pour m’instruire.

« Je distingue des formes, des silhouettes sombres, ici, sur le palier. (…) Elles décampent comme des petits enfants espiègles. J’entends détaler leurs pieds menus. Des trottinements. Puis le silence, la mer, les bruits infimes des ténèbres. Et enfin, le rire triste et désolé d’un enfant délaissé. Reviens, reviens, ne me laisse pas ici. »

En bref, même si j’ai été un peu moins surprise que pour Le doute, La Menace reste un très bon roman à suspense dont la tension psychologique est forte. Les ingrédients sont là pour nous faire passer un excellent moment d’angoisse et de questionnements.

Ainsi, je remercie mille fois les Éditions Presses de la Cité (coucou Anne) pour l’envoi de ce roman, mais aussi à Pocket (coucou Emmanuelle) pour Le doute, ce qui m’a permis de lire les deux livres en peu de temps et de découvrir un auteur que je continuerai à suivre avec grand plaisir.

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Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle, où l'on parle de tout donc, mais avec sincérité.

4 réflexions sur « Lecture : « La Menace » de S.K. Tremayne »

  1. Oh la la la …. J’ai hâte de le lire : j’ai beaucoup aimé les aspects que tu évoques dans « le doute » et j’adore les romans qui se passe dans les Cornouailles… Ton article est formidable. Lire pour s’instruire aussi , découvrir des aspects du monde ou d’l’histoire qu’on n’apprend pas forcément à l’école… Merciiiiiiii.

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