Lecture : « Tu comprendras quand tu seras plus grande » de Virginie Grimaldi

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont  des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent…

Tu comprendras quand tu seras plus grande – Virginie Grimaldi

Éditeur : Le Livre de Poche (3 mai 2017)

Pages : 478

Ma note : 4,25/5

Mon avis :

J’avais apprécié son premier roman, Le premier jour du reste de ma vie, souvenez-vous, mais celui-ci est encore meilleur ! Une écriture toujours aussi drôle et agréable, mais encore davantage d’humanité dans ce deuxième roman qui a également l’avantage de nous offrir un joli retournement de situation dans ses derniers chapitres. Une surprise dont je ne m’étais pas doutée et qui apporte un plus au feel-good

L’attachement aux personnages est encore très présent, on s’imagine réellement à leurs côtés, on rit et on pleure auprès d’eux. Ceci est d’autant plus vrai concernant Julia, jeune trentenaire endeuillée. Elle a perdu son père, elle a largué son mec, sa Maminou lui manque terriblement… Bref, ce n’est pas la joie qui étouffe le quotidien parisien de Julia. Alors, sur un coup de tête, elle va répondre sans grande conviction à une annonce pour un emploi temporaire de psychologue en maison de retraite, mais elle ne se doute pas que sa vie en sera chamboulée. Prise pour le poste, la voilà qui débarque à Biarritz, avec sa peine, sa tristesse et la grande question qui lui colle aux cheveux : « Mais qu’est-ce que je fous là ? »

« Ils tutoient la mort, et moi, je préfère la vouvoyer. »

Quand nous sommes déprimés, rien de tel qu’un boulot auprès des personnes âgées, nous rappelant, il faut bien l’avouer, que nous ne sommes pas éternels. À première vue, on dirait que Julia s’est plantée au niveau de sa première phase de reconstruction. Mais évidemment, rien ne se passera comme elle le prévoyait, si tant est qu’elle prévoyait quelque chose. Au rendez-vous, beaucoup d’amitié, d’humanité, de résilience, d’amour, de rires, de joie, mais pas seulement. Virginie Grimaldi n’enrobe pas la réalité qui peut parfois se révéler douloureuse. Elle nous offre un joli mélange de ce qui fait la vie mais avec une bonne dose d’optimisme et d’espoir. Ce qui reflète complètement ma perception de sa personnalité. On sent qu’elle ne triche pas. Avant qu’elle n’écrive son premier roman, je ressentais déjà sa sensibilité et son humour à travers ses billets dans son blog. Je suis heureuse de la retrouver dans ces histoires et cette écriture qui collent parfaitement bien à ce qu’elle nous laisse imaginer d’elle, c’est-à-dire une personne entière et sympathique au possible (rassurez-vous, elle ne m’a pas payée, c’est tout à fait sincère).

C’est un bien joli roman que j’ai dévoré avec tendresse et attachement. Je suis certaine qu’il peut apporter douceur et même un certain soutient aux personnes qui peinent à sortir de la souffrance du deuil. Ce qui est sûr, c’est que cette histoire résonnera en beaucoup de ceux qui ont connu cette épreuve. Entre les rires et les larmes, l’envie de savourer les petits bonheurs quotidiens nous envahit au fil des courts chapitres. Parce que la vie, « c’est ici et maintenant ».

Le texte est truffé de réalités sur la vie mais aussi de ces sortes de mantras à la mode ces dernières années. Les romans feel-good, la slow life, le flow, tous ces mouvements qui nous supplient de prendre la vie du bon côté, de prendre du temps pour soi, qui nous aident, à juste titre, à nous concentrer sur le positif pour augmenter toujours plus notre dose de bonheur, fleurissent, ce qui a tendance à les rendre peu originaux finalement, mais punaise comme ils font du bien ! Une piqûre de rappel de temps en temps est tellement nécessaire dans nos vies souvent bien chargées, pour que l’on n’oublie pas de savourer les petits instants présents qui font le bonheur d’aujourd’hui et de demain. Pour se construire solidement une vie la plus heureuse possible et pour ne pas la terminer avec des regrets.
Je vous raconte tout cela parce que Tu comprendras quand tu seras plus grande nous accompagne dans ce chemin de vie, nous tend les bras pour nous faire un gros câlin, pour nous chuchoter qu’effectivement la vie n’est pas toujours celle que l’on imaginait mais que ce n’est pas une raison pour abandonner. Il faut lutter et à un moment donné, le destin nous accompagnera vers de plus jolies routes à tracer. Il ne faut pas perdre espoir et se donner les moyens de réussir. Mais ce roman réserve aussi un final surprenant et réussi. C’est le plus qui le discerne d’un feel-good classique. Bien joué Virginie !

« – Si la vieillesse était douce à vivre, personne ne voudrait que ça s’arrête. Le fait qu’elle soit si rude rend l’existence moins attachante. La vieillesse a été inventée pour se détacher de la vie. »

En bref, si vous souhaitez plonger à cœur ouvert dans une histoire pleine d’humanité, je vous recommande vivement ce deuxième opus de l’auteure. Il fait un bien fou parce qu’il sonne vrai, parce qu’il ne s’apitoie pas, parce qu’il est drôle, positif et plein d’espoir. Une véritable bouffée d’oxygène !

Un grand merci à Anne des Éditions Le Livre de Poche pour cette agréable lecture !

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Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle, où l'on parle de tout donc, mais avec sincérité.

6 réflexions sur « Lecture : « Tu comprendras quand tu seras plus grande » de Virginie Grimaldi »

  1. Je confirme ton avis. j’ai trouvé l’ambiance légère et assez « feel-good » c’est vrai. Je travaille en maison de retraite et le roman ne m’a pas rappelé le boulot, ouf! J’ai apprécié. Ces personnes sont à part et forment une bonne bande de joyeux lurons. Un roman qui se lit bien.

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  2. Je te recommande du coup fortement le troisième ! Le deuxième est à mes yeux bien meilleur que le premier, c’est certain mais le troisième atteint une maturité impressionnante 🙂 si bien que je me demande comment va être le quatrième qu’elle est en train d’écrire ! En tout cas, cette auteure est talentueuse.

    Aimé par 1 personne

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