Lecture : « L’enfant de mon mari » de Deborah O’Connor (Rentrée littéraire Janvier 2018)

Heidi et Jason ne forment pas un couple ordinaire : elle a perdu sa petite fille, il cherche désespérément son fils, Barney, enlevé cinq ans plus tôt. Ces drames les ont rapprochés. Un jour, en déplacement pour son travail, Heidi aperçoit dans une arrière-boutique un garçon qui pourrait bien être Barney. Emmené sur place, Jason refuse d’y croire. Mais Heidi n’en démord pas. L’intuition vire à l’obsession, et la jeune femme se plonge dans une enquête qui fragilise son couple. Jason lui cache-t-il quelque chose ? L’impossible deuil de sa fille a-t-il rendu Heidi paranoïaque ? À qui peut-elle se fier ? Mais surtout, qui est cet homme trouble qui accompagne le petit garçon partout ? Une adrénaline de chaque instant, jusqu’au dénouement, dérangeant et moite.

L’enfant de mon mari – Deborah O’Connor

Éditeur : Presses de la Cité (18 janvier 2018)

Pages : 351

Ma note : 4/5

Mon avis :

Plongée au sein d’un couple meurtri par la disparition de leurs enfants. 

Heidi a perdu sa fille dans un terrible drame il y a plus de dix ans. Le fils de Jason a été enlevé il y a cinq ans alors qu’il en avait seulement trois, et depuis, Jason n’a de cesse de le chercher. C’est un homme torturé, à juste titre, qui s’est forgé une carapace afin de ne plus subir d’affreuses désillusions. Jusqu’à ce jour où Heidi entre par hasard dans une épicerie de quartier et aperçoit furtivement un jeune garçon dans l’arrière-boutique. Elle en est certaine, c’est Barney, l’enfant de son mari. À partir de cet instant, leur vie va irrémédiablement changer.

On sent tout le poids de ces deux absences qui pèse sur ce couple uni dans la douleur, on ressent leur peine mais aussi leur envie de s’en sortir.

« Peu à peu, je m’étais aperçue que nous pouvions mener des existences à peu près normales sans pour autant oublier nos enfants. Que rien ne nous obligeait à vivre dans le purgatoire que nous avions créé autour de nous. Certains gestes du quotidien, pourtant, continuaient à sonner faux. Comme si nous jouions un rôle, avec des épées en carton et un rideau en guise de cape. »

Quand Heidi emmène Jason à l’épicerie pour voir l’enfant, elle est certaine qu’il va le reconnaître, sûre qu’elle ne s’est pas trompée et que cette fois, il n’y aura pas de désillusion. Pourtant, Jason est formel. Ce jeune garçon n’est pas son fils, il ne ressemble pas aux portraits robots de son enfant vieilli que la Police lui a montré. Les traits ne sont pas les mêmes, et puis ce sont des experts qui ont travaillé sur la morphologie de son fils au fil des années, alors il se fie à eux, il se raccroche à ces seules images qui lui permettent de voir grandir son enfant. Son petit garçon a dû tellement changer, il aurait désormais huit ans. Puis il en est sûr, s’il croise Barney, il le reconnaîtra immédiatement.

« (…) Dès que la sage-femme m’a tendu Barney, j’ai su que c’était mon enfant. Tout chez lui – son odeur, son regard, la forme de ses doigts et de ses orteils -, tout me disait qu’il était mon fils. Lui et moi, nous l’avons su tout de suite.
(…)
Toutes ces histoires qu’on raconte sur des bébés échangés à l’hôpital et les parents qui ne s’en rendent pas compte, ça n’aurait jamais pu m’arriver. Notre lien avait quelque chose d’animal.
(…)
Et c’est resté ainsi. C’est pour ça que je suis convaincu que, la prochaine fois que je poserai les yeux sur lui, je saurai. Peu importe le temps qui se sera écoulé. Il y aura ce lien. (…) Je le reconnaîtrai, et il me reconnaîtra lui aussi. »

Seulement Heidi ne peut pas y croire. Ces dents du bonheur, ces yeux sombres, les cheveux blonds du jeune garçon sont les mêmes que Jason. Alors Heidi va mener sa contre-enquête, même si elle doit y risquer son couple et son travail. À certains moments elle m’a un peu agacée, à aller si loin, à négliger son travail, à aller autant à l’encontre des souhaits et de l’avis de son mari. Mais l’histoire est clairement prenante et l’on se demande réellement si Heidi ne focalise pas sur cet enfant car elle veut à tout prix retrouver Barney, ou bien si elle a absolument raison de suivre son instinct.

J’ai dévoré ce roman, vraiment, en revanche l’épilogue est pour moi un peu précipité. Le dénouement est dérangeant et assez terrible, il faut le dire, mais finalement il ne nous laisse pas avec strictement toutes les réponses. Alors que jusque-là, le récit était bien détaillé, sans manquement. Cela n’a pas dérangé outre mesure ma lecture, mais j’aurai apprécié un final plus étoffé.

En bref, j’ai beaucoup aimé ce thriller psychologique prenant à la fin déroutante bien que peu fouillée. Les personnages sont bien développés et l’ambiance est clairement retranscrite. On plonge totalement dans la quête de Heidi et jusqu’aux dernières lignes, on se demande comment tout cela va se terminer. Un très bon moment de lecture !

Merci à Anne des Éditions Presses de la Cité pour cette lecture !

Lu dans le cadre du Challenge ABC Thriller / Policier 2018.

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Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle à forte tendance littéraire.

6 réflexions sur « Lecture : « L’enfant de mon mari » de Deborah O’Connor (Rentrée littéraire Janvier 2018) »

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