Lecture : « Là où l’on s’aime, il ne fait jamais nuit » de Séverine de la Croix

Et si le bonheur était un sentiment à réinventer ?

Dans la vie de Félicité, tout est allé de travers. Elle rêvait d’amour et de poésie, mais se retrouve seule avec ses deux enfants, Corentin et Manon, nés de pères différents.
Mathilde, sa sœur aînée, a de son côté planifié chaque aspect de son existence. Pour être comblée, il ne lui manque qu’un bébé, qui refuse d’arriver.
Félicité et Mathilde, que les épreuves ont séparées, vont-elles se rapprocher ?
L’anniversaire de Corentin va faire basculer le destin.
Félicité avait promis à son fils de lui révéler l’identité de son père le jour de ses dix ans. Mais impossible d’avouer le secret qu’elle garde douloureusement depuis tant d’années.
(…)

Là où l’on s’aime, il ne fait jamais nuit – Séverine de la Croix

Éditeur : Éditions du Rocher (parution le 23 mai 2018)

Pages : 344 (en épreuves non corrigées)

Ma note : 4/5

Mon avis :

Ce fut un bien joli moment de lecture. Même si je lui reproche certaines facilités, ce roman feel-good sait apaiser son lecteur mais aussi le confronter à la dure réalité de la difficulté à avoir un enfant. C’est également une boule de résilience. Comment peut-on pardonner le pire ? 

Les histoires de deux sœurs nous sont contées sous différents points de vue. Ainsi, plusieurs personnages nous confient leurs pensées tour à tour au fil des chapitres courts, au sujet de ces deux sœurs que tout oppose et dont le lien est fragile et fort à la fois. L’une, mariée, a une vie très organisée mais souffre terriblement de l’enfant qui ne vient pas. L’autre, célibataire avec deux enfants, essaie de se reconstruire après un évènement passé douloureux qui empêche son présent de s’épanouir pleinement. Mathilde et Félicité. Deux entités avec chacune la souffrance en point commun.

L’auteure a mis un point d’honneur à mettre la famille au centre du roman. Celle dont on fait partie par la force des choses, et celle que l’on se construit. Éliane, la grand-mère protectrice et douce, est le pilier contre lequel on aime s’adosser pour se réconforter. Mathilde est la fille qui s’est bâtie une carapace, qui semble si forte au quotidien mais qui doute de l’amour que son père avait pour elle. Félicité est la fille fragile qui a besoin du soutien de ses pairs pour survivre à un drame qu’elle garde secrètement en elle. Corentin est le petit-fils (10 ans) qui souffre de ne pas savoir qui est son père et qui attend la réponse pour grandir pleinement. Germain est le mari aimant qui souffre de voir sa femme dépérir jour après jour au fur et à mesure des tests de grossesse négatifs, et ce que cela implique pour leur couple. Loïc est l’ami qui cache sa gentillesse et ses espoirs derrière une façade d’homme bourru. Un panel de personnages pas forcément original mais non moins attachant au fur et à mesure que l’on fait leur connaissance.

J’ai volontairement écourté le résumé de l’éditeur car je trouve qu’il spoile le récit, il en dit trop. Ainsi, je préfère vous laisser découvrir par vous-même l’évolution de la relation des deux sœurs et ce qu’il adviendra pour chacune d’elles.

(Germain) « Je vois Mathilde souffrir, crever je devrais plutôt dire, chaque fois qu’elle ressort des toilettes après avoir fait un test de grossesse, le visage livide et le corps plus fin chaque jour qui passe, comme si le vide qui demeure dans son ventre grandissait petit à petit dans son être. »

J’ai vraiment aimé que dans la difficulté à concevoir un enfant nous ayons le ressenti intime de la femme mais aussi de l’homme, Mathilde et Germain. Habituellement oublié dans la bataille, le conjoint est ici réellement présent, ce qui donne de la consistance au récit et laisse la part belle aux relations familiales et conjugales. Nous sommes ainsi plongés dans les questionnements d’un couple, dans la façon dont chacun gère cette épreuve, dans leur fragilité, leur force, leurs doutes, leurs espoirs. C’est le combat d’une femme et de son mari pour réussir à se construire sa propre famille. C’est la mise à l’épreuve de la solidité de leur couple.

Quant à Félicité, je suis un peu plus mitigée. Certaines facilités m’ont parfois exaspérée mais ont été contrebalancées par ce qu’elle a douloureusement vécu par le passé. L’auteure s’est inspirée de sa propre histoire, ce qui rend le récit plus attachant encore. Je n’en dirai pas plus, ce serait une belle erreur de vous dévoiler cette partie du roman.

D’autre part, je trouve le titre vraiment bien choisi. Là où l’on s’aime, il ne fait jamais nuit fait parfaitement écho à ce récit lumineux baigné d’amour.

Si le roman penche du côté feel-good, il sait aussi exprimer toute la souffrance que l’on peut ressentir face aux douloureuses épreuves de la vie et comment s’en affranchir pour se retrouver soi-même et avec les autres. C’est un roman choral qui met la famille et les liens amoureux en exergue et qui donne la parole à des femmes et des hommes mais aussi à un enfant, ce qui le rend plus exhaustif, accompli. Un joli roman contemporain qui joue avec la palette de nos émotions et en devient réellement attachant.

Un grand merci à Laurence des Éditions du Rocher pour cet envoi et à Séverine pour sa gentillesse.

Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle à forte tendance littéraire.

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