Lecture : « La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose » de Diane Ducret

La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir.
Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu’elle a depuis l’enfance qu’il lui a toujours manqué quelqu’un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l’ETA servent d’école buissonnière. Et que l’accident d’un instant devient la fracture de toute une vie…
On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose – Diane Ducret

Éditeur : Flammarion (28 février 2018)

Pages : 271

Ma note : 4/5

Mon avis :

Parfois la vie nous bouscule et nous emmène sur des chemins bien tortueux. C’est franchement le cas d’Enaid dont nous suivons les péripéties de l’enfance jusqu’à ses trente ans. Au fil des courts chapitres, les principaux pans de son histoire bien difficile se dévoilent à nous. Les épreuves sont évoquées avec humour et tendresse et ne sont jamais en proie à la plainte et au désespoir. Au contraire, tout est dit de façon directe, sans fioriture aucune, sans s’appesantir dans une situation qui est pourtant bien délicate et qui n’épargne jamais notre héroïne. Mais au lieu de vivre sa vie en boitant, Enaid a décidé de se tenir droite sur une jambe, à la façon des flamants roses. Jusqu’à prendre son envol ?

Ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman, c’est la façon qu’a l’auteure d’écrire les difficultés. Comme je l’évoque ci-dessus, la plume de Diane Ducret allie humour et sensibilité. Son récit contient beaucoup d’éléments sombres, mais pourtant on ne ressent jamais de véritable noirceur à sa lecture. Au contraire, la résilience et la combativité sont davantage mises en lumière.

« De toute façon, sachant que celui qu’on aime est à 73 % fait d’eau, si ça se trouve je ne suis pas amoureuse, juste déhydratée. »

Partant d’une rupture amoureuse, Enaid va revenir sur ce qu’est sa vie, sa situation familiale compliquée, son accident qui marquera à jamais son existence, ses rencontres et ses expériences marginales…

« Je me sens comme un feu follet qui se nourrit de ce qu’il trouve en chemin, destiné à s’éteindre après avoir brillé. Je suis la brindille en pleine forêt, tombée au sol, livrée aux pas du marcheur en godillots, une boule de flipper entre les mains d’un gosse, un mercredi, avec dans ses poches toute la monnaie de sa mère. »

Enaid étant le miroir de Diane, le roman prend davantage d’épaisseur et l’on ressent une vraie empathie. On s’attache à cette jeune femme qui a pardonné, qui s’est battue et qui s’est reconstruite.
Comment réussir à s’aimer quand on n’a pas reçu l’amour maternel ? Comment se construire quand il nous manque toujours quelqu’un ? Ce roman aborde largement la filiation, l’amour et la difficulté à vivre sans mère mais aussi à l’être. Et comme Enaid, double littéraire de Diane, supporte tout un panel d’épreuves douloureuses, alors beaucoup d’autres thématiques fortes sont révélées telles que la violence faite aux femmes par exemple. Mais je vous laisse le soin de découvrir toutes les autres en découvrant vous aussi son histoire.

En bref, c’est un roman très personnel que nous offre l’auteure. Mais c’est surtout une façon de prouver que l’on peut se relever d’une multitude d’épreuves, qu’il est possible d’invoquer une force intérieure incroyable malgré la fragilité d’une vie et d’un corps. Que, même dressé sur ses pattes chétives, le flamant rose peut s’envoler haut et loin. Un joli roman, tendre, émouvant et drôle.

Merci à Babelio pour cette lecture dans le cadre d’une Masse Critique Privilégiée ainsi qu’aux Éditions Flammarion.

Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle à forte tendance littéraire.

3 réflexions sur « Lecture : « La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose » de Diane Ducret »

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