Lecture : « La science de l’esquive » de Nicolas Maleski

« Rien n’indiquait que c’était son jour. Il n’y avait rien de particulier dans l’air. En refermant la porte derrière lui, il savait que c’était la dernière fois. Il n’y avait plus à réfléchir. Sa décision était prise. Il restait à exécuter le plan. Les trottoirs étaient noirs de monde, les magasins happaient et recrachaient les badauds à jets continus. À cet instant il était encore un homme honnête. C’était facile en vérité de basculer dans l’horreur. »

Kamel Wozniak est en fuite. Locataire d’un meublé où pour rester invisible il faut se montrer habile, l’ancien boxeur sur ses gardes tente de se faire oublier le temps d’un été au vert. Mais de qui ? Et où s’arrête son plan B ? Difficile de disparaître dans une petite ville où un garçon comme lui, aux airs de desperado, n’est pas sans piquer les curiosités.
Après Sous le compost, Nicolas Maleski signe un roman qui s’ouvre comme un film des frères Coen, ménage un suspense de polar et déroule, dans langue où la lucidité combat à armes égales avec la causticité, l’épopée d’un antihéros insaisissable et pourtant pas si éloigné de nous.

La science de l’esquive – Nicolas Maleski

Éditeur : Harper Collins (08 janvier 2020)

Pages : 217

Ma note : 4,25/5

Mon avis :

Kamel Wozniak, ancien boxeur, est en cavale. Nous savons qu’il a commis un acte mauvais, qu’il est coupable de quelque chose, mais la raison ménage le suspense sur une grande partie du récit. Nous suivons alors ses réflexions, ses tourments, son envie de se faire oublier, son plan B. Nous entrons dans son esprit. Nous apprenons à connaître ce personnage qui ne semble pourtant pas si détestable.

Donc Kamel fuit et se retrouve dans un village où l’on peut facilement circuler incognito. Seulement, lui qui au départ souhaitait rester seul, va attirer l’attention malgré lui et finalement nouer des liens avec quelques personnes de la station. Le récit prend alors un gros air de polar social. Les relations humaines sont importantes et dépeintes avec une certaine lenteur mais qui jamais ennuie.

En effet, d’autres personnages, avec chacun leurs fêlures, s’offrent alors à nous. De fil en aiguille, le destin de Kamel prend une tournure bien différente de ce à quoi il avait pensé. Mais peut-on toujours tout contrôler ?

L’écriture de Nicolas Maleski est vraiment agréable, à la fois fluide et travaillée. Il sait ménager un suspense et y mettre fin avant que le lecteur ne se lasse. J’ai beaucoup apprécié cette histoire, le dénouement auquel on ne s’attend pas, la façon dont sont développés les personnages. Il n’y a pas une forte action mais plutôt une ambiance, une psychologie, une humanité défaillante mais qui a ses raisons que l’on ne blâme pas. Je dirai même, étrangement à certains moments. Mais c’est justement tout l’art de l’auteur de nous embarquer sans jugement dans les actes de ses anti-héros.

Je recommande fortement ce livre aux amateurs de polars et de romans sociaux car La science de l’esquive en est un beau mélange.

PS : Je me note de lire le précédent roman de l’auteur, Sous le compost, dont le résumé m’attire beaucoup !

Merci à Babelio et aux Éditions Harper Collins pour cette lecture dans le cadre de la Masse Critique Littératures.

Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle à forte tendance littéraire.

6 réflexions sur « Lecture : « La science de l’esquive » de Nicolas Maleski »

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