Mes très chers parents #1

Le 25/03/2020

Mes très chers parents,

Comme Virginie Grimaldi écrit à sa mamie, je me suis dit que j’allais faire pareil avec vous, puisqu’il m’est arrivée quelque chose d’exceptionnel aujourd’hui. David, l’homme qui partage ma vie (paix à son âme), pourra en témoigner.

Au moment où j’écris, j’agonise dans mon canapé en regardant Megan Markle accepter une demande en mariage sur fond de feux d’artifice sur la 1. En plus de perdre quelques neurones, j’ai la trachée qui me brûle, les joues rouges et l’œil vide. J’ai également la jambe qui flageole. Pourquoi ?

Parce que j’ai couru ! (oui, vous avez bien lu). J’ai fait 30 fois le tour du jardin. 15 en courant et 15 en marchant (si j’avais fait 30 tours en courant, je vous écrirais depuis l’hôpital). Je crois bien que ça fait 25 ans que mes jambes n’avaient pas connu ça. Je suis restée là où c’est plat et j’ai tout de même frôlé la crise cardiaque. 1 tour = 73 pas, et 30 x 73 = grosso modo 2200 pas. Amen.

Au début, quand j’ai mis mes baskets sur la terrasse, Ina et Jaïa, mes chiennes, sautaient partout, elles croyaient certainement que j’allais les emmener en balade. Elles ne sont pas au courant de l’actu. Et comme je ne veux pas qu’elles tombent en dépression, je leur cache. Quand elles m’ont vu partir en direction de la pelouse et non en direction du portillon qui donne sur rue, elles ont quand même gardé espoir et ont sauté partout en couinant. Elles ont vraiment cru qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire. Et elles avaient raison.

Quand j’ai commencé à courir, elles m’ont accompagnée toutes enjouées et moi je faisais encore la maligne et je faisais des pouces en l’air avec un grand sourire à David qui me regardait en rigolant par la baie vitrée. Après 5 tours en courant, elles ont compris qu’un truc ne tournait pas rond, mise à part moi. J’ai commencé à cracher mes poumons, j’ai même cru que j’avais le Coronavirus parce que j’avais des problèmes respiratoires.

Au bout de 10 tours, Ina commençait à lâcher l’affaire, seule Jaïa continuait à m’accompagner tranquillement (elle n’était même pas fatiguée, la garce). C’est seulement quand j’arrivais près du poteau lumineux de la terrasse qui me faisait office de ligne d’arrivée qu’elle se mettait à dandiner légèrement. On aurait dit ma pom-pom girl.

Au bout de 20 tours, il n’y avait plus que ses yeux qui clignaient quand je la frôlais à chaque tour. « Tiens, un courant d’air ». Jaïa, elle, marchait pénard à mes côtés alors que j’avais l’impression de sprinter. Elle commence vraiment à m’énerver.

Dans les 10 derniers tours, j’aurai bien aimé la semer à tout jamais mais mes poumons et mon cœur m’ont dit d’arrêter mes conneries. Ina était désormais allongée dans la pelouse, mimant la mort. Surement un message pour me prévenir que la faucheuse me tournait grave autour. David, lui, me faisait des pouces en l’air depuis le salon, certainement pour me rappeler mon engouement du début. Cette époque pendant laquelle je pensais que c’était une bonne idée de faire du sport. Au moment où je vous écris, j’ai encore les genoux qui tremblent. Je pense que je vais mettre une semaine pour m’en remettre.

J’espère juste que les voisins n’ont pas eu l’idée de regarder par leurs fenêtres, sinon ma réputation est finie dans le quartier, enfin, dans le lieu-dit. En plus, j’avais mis mon joli gilet en maille jaune, à tous les coups ils vont croire que je m’entraînais pour la manif du siècle (une fois qu’on ne sera plus confinés et que j’aurai repris mes esprits et recommencé à croire que le sport est dangereux pour la santé).

En bref, mes très chers parents, je crois que j’ai réalisé un peu votre rêve aujourd’hui. Celui de me voir courir à nouveau, merveilleux souvenir de mes 15 ans auquel vous vous accrochez éperdument. Sauf qu’avant, je courais joyeusement après les garçons et que maintenant, je me défonce les boyaux en priant le Dieu de la cellulite de me lâcher un peu la grappe (ou la couenne).

Je ne sais pas encore si je vais réitérer l’expérience, mais comme je veux pouvoir continuer à cuisiner mes fondants au chocolat, mes cakes aux éclats de chocolat, mais aussi manger des patates qui sont quand même ma raison de vivre, je crois que je vais devoir conditionner mon mental et surtout, pour ne pas flancher, penser à m’octroyer une récompense gourmande après chaque course folle (si je suis encore en vie). Comment ça, ça ne sert à rien de courir alors ? Je vous dirai que c’est comme les masques en tissu, c’est mieux que rien.

Allez, je vous embrasse et j’espère que vous êtes fiers de moi.

Votre fille, future Marie-José Pérec, mais ça, il n’y a que Jaïa qui y croit encore.

PS : je crois qu’avec ces 10 minutes de sport, j’ai brûlé au moins 10 000 calories.

Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle à forte tendance littéraire.

6 réflexions sur « Mes très chers parents #1 »

  1. Heu c’est moi ou tes chiens te regarde d’un air très apitoyé ?? mdr
    Ma prof de gym nous a envoyé un petit programme tu veux que je te l’envoi ? C’est moins violent je trouve !

    Aimé par 1 personne

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