Lecture : « L’Âne mort » de Chawki Amari

Au cœur des monts Djurdjura avance un vieux break bleu avec, à bord, Lyès, Mounir et Tissam, trois Algérois en fuite et, dans son coffre, un âne mort. Cet étrange trio roule en direction des montagnes kabyles, comme la promesse d’un refuge où déposer les secrets qui les hantent et dissimuler leur compagnon d’infortune.

Panne après panne, virage après virage, leur périple aussi intense que rocambolesque est ponctué de considérations philosophiques et questions existentielles à mesure que le chemin des trois vagabonds croise celui d’Amel aux fausses bonnes idées, Slim qui passe ses journées à pousser des pierres du haut des falaises, ou Izouzen, mystérieux libraire retiré dans son sanctuaire, au milieu de centaines d’ouvrages et des sépultures de ses épouses successives.

De cette épopée fascinante et furieusement poétique jaillit une réflexion tragique sur le temps qui passe et qui échappe, nous attirant inexorablement vers les profondeurs et la noirceur de l’âme humaine, au plus vrai et au plus juste de la littérature et du monde d’aujourd’hui.

L’Âne mort – Chawki Amari

Éditeur : Éditions de l’Observatoire (08 janvier 2020)

Pages : 167

Ma note : 3,75/5

Mon avis :

Voilà un roman qui se démarque par son écriture, autant instruite que désopilante, mais aussi par son histoire, cocasserie baignée d’une philosophie hilarante.

La lecture des premières lignes est surprenante. Mais la surprise laisse peu à peu place à l’intérêt. L’auteur sait nous embarquer à bord du break bleu alourdi d’un âne mort. Mais il ne faut pas s’y tromper. Cet âne détient un véritable sens selon moi, il m’est apparu tel une allégorie que le dénouement révèle avec une pointe de sagesse. Et ces personnages rocambolesques déblatérant des discours burlesques, scientifiques, philosophiques – oui, tout cela à la fois -, semblent effectuer un périple qui les confrontera à eux-mêmes.

Ainsi, lorsqu’une femme, deux hommes et un âne se baladent au cœur des monts Djurdjura en Algérie, une question demeure :

Un âne mort est-il plus lourd qu’un âne vivant ?

Le poids et le temps qui passe sont deux éléments omniprésents dans le texte. C’est toute une réflexion qui est développée autour de ces thèmes. C’est la vie et la mort. C’est chercher du sens à sa vie et surtout, c’est ce que l’on en fait.

La capacité de l’auteur à nous conter une histoire d’apparence saugrenue mais pourtant pleine de sens est à saluer. Sans compter cette érudition qui transpire du texte et qui apporte une vraie matière à l’ensemble.

Je vous conseille cette lecture si vous souhaitez sortir des sentiers battus.

Un grand merci à Lecteurs.com pour cette lecture dans le cadre du Cercle livresque ainsi qu’aux Éditions de l’Observatoire.

Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle à forte tendance littéraire.

3 réflexions sur « Lecture : « L’Âne mort » de Chawki Amari »

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