Feu! Chatterton

Feu Chatterton

Vous ne pouvez que les connaître : Arthur Teboul, Raphaël de Pressigny, Clément Doumic, Antoine Wilson, Sébastien Wolf. Membres talentueux du groupe français Feu! Chatterton fondé il y a dix ans. Mais alors, ont-ils réussi à ressusciter feu Thomas Chatterton, jeune poète anglais du XVIIIème décédé dans des conditions tragiques ?

Cet héritage d’un certain romantisme noir peut transparaître dans quelques titres, et là, je vais uniquement faire référence à leur dernier album sorti en mars dernier, Palais d’Argile, une merveille que je ne cesse d’écouter en boucle.
C’est le cas de la chanson Aux confins, lancinante, grave, poésie sombre soutenue par la batterie et les claviers. Un titre qui vous enveloppe d’une atmosphère obsédante et l’on pourrait même dire douloureuse, mais addictive.

Le mystique et le sacré ne sont jamais loin non plus, notamment avec un autre titre que j’aime beaucoup, Cantique. Les paroles et le son spirituels agrémentés d’arrangements électroniques fonctionnent diablement bien (si j’ose le parallèle).

Et puis ce poème de William Butler Yeats, Before The World Was Made, mis en chanson par le groupe et devenant Avant qu’il n’y ait le monde (traduction de l’anglais par Yves Bonnefoy), rendant un bel hommage aux mots, au désir, au contemplatif. Le tout est épuré, seulement les mots et la musique dans l’intime. Une beauté intense soulignée par la voix écorchée et mélancolique d’Arthur Teboul qui nous met le spleen. Et c’est si bon !

Dans une pure tradition de la chanson française, digne d’un Jacques Brel ou d’un Léo Ferré, le groupe nous offre une prière à La Mer. Tout aussi épurée, et vibrante. C’est notre rapport aux éléments, à la Terre, à ce que nous sommes profondément. Nos racines.

Feu! Chatterton émet également une satire du monde, se révolte et nous donne sa vision de nos défaillances. Un cri orageux et révolutionnaire dans Écran Total.

Nous retrouvons cette perte du réel pour le virtuel dans Monde Nouveau, cette nécessité de retour à l’essentiel, cette notion de palais fragile d’argile qui tient debout mais qui peut s’écrouler à tout moment. C’est un album foncièrement tourné vers l’humain, une humanité dans son berceau de nature mais une nature bien trop mise à l’écart par une partie de nos contemporains. Elle est pourtant notre essence même, notre ancrage. Nous ne pouvons vivre sans elle. En avons-nous conscience ?

Je pourrais vous parler de chacune des chansons de ce nouvel album tant elles me transportent toutes. Ces bijoux de fer, Libre, L’homme qui vient, Laissons filer

C’est un album tantôt caressé tantôt fouetté par les éléments, c’est une ode poétique à la nature mais aussi un fracas du monde moderne. C’est un groupe qui met à l’honneur la langue française, c’est un chanteur et des musiciens toujours baignés d’une grâce folle, dont les mots transcendent une réalité aussi belle que difficile.

Chatterton, sors de ces corps ! Oh non, plutôt reste. Oui, reste, longtemps.

Le site de Feu! Chatterton.

Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog à forte tendance littéraire. Mais pas que !

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