Juste avant le bonheur (Surprise inside)

« Il est venu au monde et je l’ai perdu avant même de le rencontrer, s’est lamentée cette femme.
Je n’ai pas su lui répondre, à cette époque, ce que j’ai découvert depuis et que je sais aujourd’hui.
Que certains bébés, certains enfants se « donnent la liberté » d’apparaître, de seulement apparaître dans la vie, pour insuffler l’envie à l’un de leurs parents de naître enfin ou d’accéder à plus de vie dans leur existence.
Certains enfants sont de passage pour montrer à l’un ou à l’autre de leurs géniteurs un chemin, pour témoigner d’un choix de vie à faire.
Certains enfants, par leur mort subite, invitent leurs parents à oser un changement qu’ils n’avaient pu envisager jusqu’alors.
Certains enfants ont ce pouvoir de dire par leur présence furtive et fugitive et leur disparition brutale : « Ose ta vie, toi seul la vivra ».
Nous pouvons ainsi écouter et entendre le message secret envoyé par ces enfants
dont la présence éphémère nous blesse à jamais si nous restons sourds à leur message d’espoir. »
Jacques Salomé

Je ne pourrai le dire de meilleure façon que celle de Jacques Salomé.
Peut-être que cela peut te paraître étonnant, voir ahurissant, et pourtant.

Perdre un enfant, en voilà une grande injustice, une terrible douleur, la pire même. Comment concevoir de rire ni même de sourire après ça ? Comment se l’autoriser ? Est-ce déplacé, est-ce une trahison ?
Non, perdre un enfant, c’est la naissance d’un immense chagrin, mais ce n’est pas le garder pour toute la vie. Perdre un enfant, c’est acquérir une autre vision de la vie, enveloppé(e) dans la force qu’il nous a légué.

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Je le sens

Je le sens le bonheur, il est dans mon ventre, en boule, une énergie qui me sert l’estomac, comme jamais. Il envahit mes seins puis ma gorge. Je devrais peut-être le vomir, serait-ce la solution pour le faire apparaître dans ma vie ? Ou bien devrais-je le garder au plus profond de moi ?
Je le sens, il est là, juste ici, il me fait vaciller, perdre l’équilibre, on dirait que je vais tomber dans les pommes ou dans le panneau. Je ne sais pas si je dois le laisser m’emmener, l’y autoriser. Ou peut-être est-ce moi qui devrais le rejoindre. Lire la suite

Les nanas

– 1 –
Elle est apparue dans la lueur d’un lampadaire de la rue où elle habite depuis cinq ans avec son fils de deux ans. Il fait nuit et elle va pouvoir laisser la nounou rentrer chez elle. Elle va pouvoir embrasser son enfant dans son sommeil. Elle ne dormira que cinq heures parce qu’elle sera réveillée par les pleurs de Léo, qui lui, aura eu son quota de dodo. Elle l’emmènera à la garderie et la nounou fera le reste. Sophia récupérera le petit à midi et en fin de journée. Elle le nourrira, l’amusera, le câlinera, ce qu’elle fait avec douceur depuis un an. Marie ne le reverra que cette nuit, quand ses lèvres déposeront un doux baisers sur son visage endormi. Puis elle rejoindra sa chambre où elle pleurera de ne le voir que trop peu, où elle se lamentera de devoir le laisser grandir sans elle. Elle n’a pas le choix, elle doit travailler dur pour subvenir à leurs besoins. Mais le besoin d’amour qu’ils ont tous les deux, elle ne peut en revanche le combler. Elle est seule pour apporter un peu d’argent dans le foyer, pour louer cet appartement minuscule de la région parisienne. Minuscule, comme la joie qu’elle porte dans son cœur. Immense, comme est son désir de tout changer. Mais Marie est une super nana, elle fait de son possible, elle arrache sa motivation pour l’emmener avec elle chaque matin, puis elle claque la porte et dévale les escaliers en ne laissant pas faiblir son sourire lorsqu’elle porte son enfant contre son cœur, juste le temps de descendre les escaliers et d’ouvrir la portière de sa voiture. Marie est vraiment une super nana, même si elle ne le sait pas. Lire la suite

Du courage.

« J’ai reçu des fleurs aujourd’hui… Ce n’était pas mon anniversaire ni un autre jour spécial. Nous avons eu notre première dispute hier dans la nuit et il m’a dit beaucoup de choses cruelles qui m’ont vraiment blessée. Je sais qu’il est…… désolé et qu’il n’a pas voulu dire les choses qu’il a dites parce qu’il m’a envoyé… des fleurs aujourd’hui…

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui. Ce n’était pas notre anniversaire ni un autre jour spécial. Hier, dans la nuit, il m’a poussé contre un mur et a commencé à m’étrangler. Ça ressemblait à un cauchemar, je ne pouvais croire que c’était réel. Je me suis réveillée ce matin le corps douloureux et meurtri. Je sais qu’il doit être désolé parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui. Et ce n’était pas la fête des mères ni un autre jour spécial. Hier, dans la nuit, il m’a de nouveau battue, c’était beaucoup plus violent que les autres fois. Si je le quitte, que deviendrais-je ? Comment prendre soin de mes enfants ? Et les problèmes financiers ? J’ai peur de lui mais je suis effrayée de partir. Mais je sais qu’il doit être désolé parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui. Lire la suite

Je ne suis pas intéressante, je n’ai pas d’enfant.

Aujourd’hui, je vais te parler d’un problème de société. Oui, disons que cela est un problème. Tout dépend pour qui.

Quel est le sujet très largement abordé sur les blogs ? Sur les réseaux sociaux ? En réunion de famille ? Avec les gens en règle générale ?

Les enfants.
Oui, les bambins font parler, font rêver (ou pas). Ils ont la suprématie des mots – et des maux parfois – de leurs parents, de leurs photos aussi. On discute anniversaire, premier pipi dans le pot, boutons de varicelle, quenottes, premiers pas, cheveux bouclés, et toutes ces choses qui font que cet enfant est le plus beau de l’univers tout entier. Et qu’il est le tout.

Les « sans-enfants ».
Mais qui sont ces bêtes étranges qui sont à contre-courant du monde ?
Bon, déjà, il faut distinguer les personnes qui ne peuvent pas avoir d’enfant, et ceux qui n’en veulent pas. Et ça, c’est pas simple, parce que ce n’est pas tamponné sur leur front. Il vaut mieux donc être prudent quand on s’aventure sur ce terrain. Lire la suite

Aujourd’hui, c’est charcuterie.

Il y a des rendez-vous dont tu te passerais bien. Ceux où ton cœur pense lâcher avant l’arrivée sur le lieu de tous tes effrois. Ceux qui te font dégouliner des mains sur le volant en skaï. Ceux qui te feraient faire le moonwalk à l’aise et qui du coup ne te feraient jamais arriver à destination (ben oui, en reculant, t’avances moins bien).

Quelques jours auparavant…
La consultation avec mon médecin traitant se passe plutôt bien. Je me permets même de faire la fille qui a beaucoup d’humour. Mon médecin est très sympa, mais au premier abord, il peut avoir l’air d’avoir assisté à l’enterrement de sa mère. Donc c’est toujours mon petit défi de le voir avec le smile. Il est tellement plus cool comme ça. Bref, tout était ok jusqu’au moment fatidique où il me fait une ordonnance pour un check-up avec prise de sang. Patatra. L’oraison funèbre. Je me décompose, appelez-moi Jack.  Lire la suite

Une fille

Il faut que je te dise…

Parce que nous sommes le 15 janvier et que cette date restera à jamais au fond de mes tripes et à fleur de ma peau.

Il y a 6 ans, j’ai fait une rencontre. Une fille. Un visage d’ange, tu ne peux pas t’imaginer à quel point. Un doux visage, paisible. Mais tu sais, je n’ai pas pu voir son sourire, ni la couleur de ses yeux. C’est avec beaucoup de tristesse et de tendresse que je t’en parle. Cela restera le terrible regret de ma vie, pour toujours. L’absolu manque. L’infini désespoir.

Il y a 6 ans maintenant, je savais que nous allions nous rencontrer, c’était prévu comme cela, 5 jours auparavant. On avait une date toutes les deux. J’étais à la fois impatiente, bouleversée et apeurée. J’avais hâte de la voir, de découvrir ses traits. Après plus de 7 mois à tâtonner, à jouer à cache-cache, à vivre un début d’histoire, nous allions passer à l’étape supérieure. Même si c’était malgré tout un peu tôt.

Il y a 6 ans, je suis passée par toutes les émotions, la souffrance et l’apaisement, la peur et le calme, mais aussi les gémissements puis le silence. C’est gravé, comme si c’était hier. Elle est désormais si loin mais pourtant tellement proche. Elle m’accompagne chaque jour, elle m’a tellement aidé depuis ce 15 janvier 2010, par sa présence et tout ce que cela a déclenché au plus profond de mon être. Il y a des rencontres comme ça qui te bouleversent la vie, complètement, entièrement. Tu en as surement eu l’expérience aussi. Une femme, un homme, une âme qui entre dans ta vie et chamboule tout. Moi c’était un enfant, le mien.  Lire la suite