Lecture : « La belle histoire d’une jeune femme qui avait le canon d’un fusil dans la bouche » de Denis Faïck

Une jeune femme est assise dans les toilettes d’une gare. Elle a placé le canon d’un fusil dans sa bouche. Le doigt sur la détente, elle est prête à faire feu. Elle entend les bruits aux alentours et, soudain, des moments de sa vie défilent, de son enfance à cet instant. Elle laisse alors ces morceaux de vie revenir. Joies, désespoirs, rencontres insolites, amours et bouleversements se succèdent jusqu’à l’instant ultime.

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La belle histoire d’une jeune femme qui avait le canon d’un fusil dans la bouche – Denis Faïck

Éditeur : Librinova (2016)

Pages : 202 en format e-book

Ma note : 3/5

Mon avis :

J’ai un sentiment mitigé après lecture, bon nombre de pages m’ayant un peu déprimée. Vous me direz, quand on lit le résumé et même le titre, on ne s’attend pas à un roman joyeux. Effectivement. Mais la narration m’a un peu dérangée également. C’est vif, c’est ponctué étrangement, c’est une histoire racontée dans l’urgence, au fur et à mesure que les souvenirs fusent. Alors parfois c’est déconcertant et fatiguant. Mais je ne dirai pas que je n’ai pas aimé du tout. C’est une histoire sombre dont l’espoir surgit à plusieurs reprises au fil des pages (le titre en vert est par conséquent une bonne idée). 

On avance dans les chapitres et on se demande si le doigt de cette jeune femme qui a un canon de fusil dans la bouche va finir par appuyer sur la gâchette ou non. On espère que non évidemment, on se dit que les quelques jolis moments du passé qui lui reviennent en mémoire vont la faire retirer ce métal de sa bouche une bonne fois pour toute. Mais rien n’est moins sûr, parce que les souvenirs noirs ont la part belle. En effet, Josiane est née dans une famille qui ne la bercera pas dans le bonheur. La main de sa mère ne fera que se défiler. Cette mère qui voulait être actrice et qui par conséquent est mal dans sa vie, en manque de ce rêve qu’elle n’a jamais pu atteindre. Et puis ce père absent. Et puis les couilles des amants à la vue de la petite fille qu’était Josiane. Et l’achat de son silence. Mais aussi plus tard ses rencontres plus ou moins bonnes et ses jobs souvent dégradants. Et ce physique dont elle ne fait pas l’éloge.

« Je suis laide, presque grosse, assise sur les chiottes de la gare du Nord j’ai le canon d’un fusil dans la bouche. J’ai trente ans, le doigt sur la détente, le regard sur un poil par terre. »

Pas vraiment une vie de rêve, vous l’aurez compris, même si la rencontre avec un vieux Monsieur, Germain Bonnemaison, habitant le sous-sol de la maison familiale, se révélera être l’élément sauveteur de son enfance morose puis le fil conducteur de sa jeune vie d’adulte. Une jolie partie pleine d’attendrissement qui fait entrer quelques rayons de lumière dans le récit. Mais même les jolies histoires d’amitié de Josiane se finissent assez mal, en général.

Dans la narration, j’ai été gênée, je vous en ai déjà parlé, mais je me dois de souligner que certains paragraphes sont très beaux, presque poétiques. Des mots qui s’interposent dans le familier et qui s’imposent.

« J’ai passé deux heures tiraillée entre le film illusionniste qui me mettait en scène et une lucidité qui traînait autour de l’écran. J’ai éteint la télé, la pénombre a envahi le lieu et j’ai laissé ma vie sur la chaise, cette nuit, un mégot consumé entre les doigts, une pensée rouillée au bout d’un temps irréversible. Il y avait juste un corps dans une pièce. »

En bref, c’est une lecture en demi-teinte, et je suis telle Josiane, je suis hésitante, entre-deux. Entre cette histoire noire mais révélatrice d’une société qui va mal, quand la douleur et le mal-être s’insinuent dès l’enfance ; ce qui pour moi est un sujet intéressant bien que sombre. Et entre cette écriture en état d’urgence et cette ponctuation fugitive. Je vous laisserai faire votre propre avis, pour ce sujet très personnel qui ne peut être ressenti de la même façon par tous.

Je remercie Mathieu de Librinova pour cette lecture.
Cliquez sur le logo ci-dessous pour accéder à la fiche du livre.

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Auteur : ducalmelucette

Du calme Lucette est un blog lifestyle, où l'on parle de tout donc, mais avec sincérité.

7 réflexions sur « Lecture : « La belle histoire d’une jeune femme qui avait le canon d’un fusil dans la bouche » de Denis Faïck »

  1. Bonjour ! Je viens de lire ton avis sur Babelio et tu as su mettre les mots là où j’ai du mal à écrire moi-même mon avis sur ce roman. J’ai le même ressenti que toi à propos de cette lecture, j’ai été un peu dérangée – et je crois bien que c’est le but, de toute manière – et j’ai aimé que derrière toute cette noirceur se cache une certaine poésie.

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  2. Les titres à rallonge sont super tendance en ce moment. 🙂 Bon, le résumé me donnait bien envie, tout comme le fait que l’espoir pointe le bout de son nez à plusieurs reprises. Mais ta description du style me refroidit un peu… Disons que ma PàL est assez fournie, donc je vais m’abstenir de la faire grandir avec des romans dont je risque de ressortir mitigée. 🙂

    Aimé par 1 personne

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